Ouest France / 29/08/2016

Edwige dessine des portraits criants de vérité

Edwige Dupont sur sa table à dessin, où elle exprime à grands coups de crayon les visages de ceux qui l’inspirent. Edwige Dupont sur sa table à dessin, où elle exprime à grands coups de crayon les visages de ceux qui l’inspirent. | Installée à Pornic depuis 2010, Edwige Dupont expose pour la première fois ses « Portraits d’écrivains », à la médiathèque Armel-de-Wismes, le vendredi 9 septembre.

À 39 ans, Edwige Dupont s’est « trouvée », comme elle dit. À Pornic depuis 2010, son chemin de vie a été, comme pour tout un chacun, semer d’embûches. Aujourd’hui, apaisée, elle laisse aller, du bout de ses crayons noirs, ses impulsions.

Passionnée par la littérature et ceux qui la font, elle dessine des portraits saisissants, d’auteurs ou de personnalités qui l’inspirent. Elle exposera pour la première fois ses « Portraits d’écrivains » à la médiathèque Armel-de-Wismes de Pornic, dans le cadre des Vendredis d’Armel et d’une rencontre avec l’écrivain Marie Nimier qui viendra y dédicacer son nouvel ouvrage, vendredi 9 septembre, à 20 h. Là, les curieux pourront découvrir une vingtaine de dessins au crayon réalisés par Edwige Dupont. Entre Michel Houellebecq, Charb, Michel Onfray, Yann Moix, Erik Orsenna, Eric-Emmanuel Schmitt…

De la police au dessin

En passant par des comédiens et autres visages très fidèlement reproduits, les dessins d’Edwige Dupont ne laissent pas indifférent. Originaire de Reims, elle a été fonctionnaire de police, adjointe de sécurité dans une brigade de jours pendant trois ans. Mais l’envie de « changer de vie » pointe le bout de son nez et en 2006, déterminée, elle décide d’intégrer l’école supérieure des arts modernes (ESAM) à Paris. « Je me suis donnée à fond et j’ai vraiment appris l’histoire de l’art en particulier grâce à Laure-Caroline Semmer, une professeur passionnée et passionnante. Je buvais ses paroles ». Edwige Dupont ressort de cette école avec un diplôme d’infographie. Mais, « je sentais bien que ce n’était pas encore ça. J’avais besoin de produire quelque chose et que cela sorte de mes tripes », confie la jeune femme.

Après les attentats du 7 janvier 2015, Edwige Dupont reçoit en pleine face l’horreur qui tourne en boucle sur sa télévision. Passionnée par Charb, alors rédacteur en chef de Charlie Hebdo et victime de la tuerie, Edwige Dupont a comme un déclic. « Je venais de subir une greffe, je devais rester allonger face à ma télé. L’attentat a provoqué en moi, un choc. J’ai compris que je devais me lancer dans ce que j’ai toujours voulu faire : dessiner au crayon de bois. »

Elle dessine son premier portrait, celui de Charb, « guidée » par son mentor disparu. Viscéralement habitée par le besoin d’exprimer au crayon de bois et sur papier, les nuances et les profondeurs qui animent les visages, depuis, Edwige Dupont dessine des portraits criants de vérité.

 

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