Ouest-France / 10/01/2017

 

 

L’hommage de la dessinatrice Edwige Dupont à Charlie Hebdo.

La dessinatrice originaire de Loire Atlantique Edwige Dupont est connue pour avoir exposé des « Portraits d’écrivains » à la médiathèque de Pornic (Pays-de-la-Loire). Aujourd’hui, elle rend hommage à Charlie Hebdo, 2 ans après l’attentat. Guidée par son mentor Charb disparu avec 10 autres personnes lors de la tuerie du 7 janvier 2015, dans les locaux de Charlie Hebdo, à Paris (Île-de-France), Edwige Dupont a décidé de marquer ce douloureux anniversaire avec une création pleine de symboles. Cette artiste installée à Pornic (Loire-Atlantique) depuis 2010, s’est entourée d’un photographe professionnel pornicais, Dominique Masson et du graphiste Stef Création pour réaliser une mise en scène, pensée et photographiée. La photographie a été postée sur sa page facebook samedi.

« Comme un déclic »

Après les attentats du 7 janvier 2015, Edwige Dupont a « comme un déclic. J’ai toujours été passionnée par Charb, alors rédacteur en chef de Charlie Hebdo et victime de la tuerie. » Elle est fascinée par la personnalité du dessinateur, ses coups de gueule, son travail. « Je venais de subir une greffe, je devais rester allonger face à ma télé. L’attentat a provoqué en moi, un choc. L’horreur tournait en boucle sur l’écran de télé. J’ai compris que je devais me lancer dans ce que j’avais toujours voulu faire : dessiner. Les membres de l’équipe de Charlie m’ont fait rêver chacun leur tour. Ils m’ont fait rire et instruite », confie la dessinatrice.

« Un fauteuil roulant symbole de la douleur »

À cette même époque, Edwige Dupont vit un autre combat. Meurtrie dans son corps, « à travers leur mort, ils m’ont fait renaître. Les gens étaient en furie contre les terroristes. Je l’étais face à mon handicap ». Souhaitant rendre un hommage singulier aux victimes de l’attentat de Charlie Hebdo, deux ans après, jour pour jour, Edwige Dupont a imaginé cette mise en scène, immortalisée par Dominique Masson. « Cette photographie, je l’ai pensée et visualisée. Tout ce qu’on nous avait interdit, ce jour-là, devait être présent sur cette photo. Je voulais que la culture soit représentée par les livres, le dessin de la peinture sur le corps, donc la nudité. Le fauteuil roulant ne représente pas ma personne ni ma condition physique mais tous ces gens qui ont été abîmés physiquement et psychologiquement, explique l’artiste pornicaise. La plume en main symbolise nos espoirs, l’écriture, la liberté d’expression. Mes portraits, qu’on devine en arrière-plan, d’écrivains, auteurs et artistes qui m’inspirent, je les aime tous, très fort. »

« Et toute l’équipe de Charlie disparue tragiquement brille toujours là haut, souffle la dessinatrice. Ils m’accompagnent. Ils m’aident à avancer dans mes projets artistiques. Charb est là pour me dire, allez, debout ! marche ma grande, combat le poing levé ! »

En tout cas, armée de ses crayons de bois, Edwige Dupont continue leur combat à travers ses créations.

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