Le Courrier du Pays de Retz / 23/09/2016

La galerie de portraits d’Edwige Dupont

La Pornicaise avait dû arrêter ses études d’art. Mais l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 l’a amenée à ressortir ses crayons. Seize de ces portraits sont exposés à Pornic.

Pornic. Tout a recommencé après l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo et la disparition de dessinateurs Charb. Edwige Dupont avait arrêté de dessiner mais ce 7 janvier 2015, la Pornicaise reprend ses crayons. Dans la position allongée à laquelle elle est tenue, après avoir subi une opération qui la cloue au lit, Edwige suit en boucle les événements à la télévision.Dessiner Charb, sa référence en termes de dessin et « ses coups de gueule », qu’elle admire pour « son talent fou » et « son côté naturel », devient alors, malgré la douleur, un « besoin viscéral », soutenue qu’elle est par un sentiment de proximité avec la victime. Dessiner Charb, mais aussi les autres, des portraits puis d’autres dessins au gré de son inspiration.

La planche à dessin, planche de salut

Depuis, rien ne l’arrête. Les liens qu’elle établit entre littérature, une autre de ses passions, et dessin constituent pour elle une intarissable source d’inspiration. Grâce au dessin, qu’il soit au crayon ou au fusain, penchée sur sa planche, elle se sent renaître, « comme une fleur qui éclôt ». À raison d’au moins une réalisation par jour, ce sont à présent plusieurs centaines de dessins qui emplissent ses cartons.Aujourd’hui, celle qui s’est installée à Pornic en 2010 expose seize de ses réalisations, seize portraits d’écrivains masculins, d’Albert Camus à Michel Houellebecq en passant par Aimé Césaire et Patrick Pelloux à la médiathèque de Pornic, des portraits que côtoie une lettre de remerciements à tous ceux qui l’ont soutenue et tout particulièrement à « son étoile ». Une exposition pour laquelle elle a reçu les encouragements du dessinateur Gess.

Un parcours atypique

Née à Reims voilà près de quarante ans, Edwige Dupont a d’abord obtenu un CAP de fleuriste, une première orientation conforme à son « côté manuel » avant d’obtenir son bac et de « faire un passage dans la police nationale ». Mais sa vocation, Edwige le savait déjà, n’était pas là : attirée qu’elle était dès la fin de l’école primaire par le « monde des arts ». Reçue à 31 ans à l’École supérieure des arts modernes – design de Paris, elle allait, assoiffée de connaissances, découvrir pendant un an peinture, dessin, photo, infographie. « Une année très dense, riche émotionnellement » mais très fatigante du fait des déplacements quotidiens, une année où elle allait « remplir tout le vide qu’elle pouvait ressentir en elle », marquée par ses professeurs Laure-Catherine Semmer dont elle « buvait les paroles » et Steeven Mouran, un professeur de dessin passionné, mais aussi par une autre élève, Yolanta, qui l’impressionne par « sa technicité et son intelligence du cœur ». Edwige Dupont doit abandonner sa formation et entrer à l’école des Beaux-arts comme « modèle pour dessin académique ». Elle sera admise par la suite au difficile concours d’entrée à l’école Blot, mais là encore, elle ne pourra pas donner suite à son projet.

Aujourd’hui, Edwige Dupont ne quitte plus ses crayons et l’artiste vise « l’hyperréalisme », un domaine où l’on ne distingue plus une réalisation faite à la main (dessin ou peinture) d’un cliché photographique. Elle envisage également de produire et exposer davantage et pourquoi pas de faire des illustrations, donner des cours et tenter de vivre de son art.

Exposition Portraits d’auteurs jusqu’au 1er octobre aux jours et heures d’ouverture de la médiathèque. Entrée libre. contact : page facebook Edwige Dupont — Marion Vallée /Le Courrier du Pays de Retz

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